Un meurtre sans cadavre n'est pas forcément un meurtre au sens de la loi. Bien des affaires se soldent par une "disparition inquiétante", le cadavre du disparu faisant défaut... Or, à ce jour, il n'existe encore aucun moyen technique permettant de localiser les cadavres. Le chien reste donc le meilleur limier pour appuyer la brigade criminelle dans ses investigations.

Depuis 2004, la gendarmerie vaudoise dispose de chiens spécialement formés dans la recherche de cadavres et de traces de sang humain. On les appelle les chiens d'investigations criminelles (CIC).

Ces experts à quatre pattes ont à nombreuses reprises prouvés qu'ils étaient plus forts que Rex ou Horatio CAINE en mettant en évidence des éléments qui étaient restés sans réponse jusque-là.


1. Recherche de cadavres humains

2. Recherche de traces de sang humain sur les scènes de crime


1. Homicides - agressions graves

2. Disparitions inquiétantes

3. Accidents (circulation - trains - avions)


La recherche de cadavres est une discpline très complexe pour le chien et pour son maître. Beaucoup de facteurs entrent en jeu et influencent les réactions et les aptitudes de détection du chien.

L'animal doit pouvoir s'adapter facilement aux divers types d'environnement et la formation doit tenir compte des différentes recherches possible, à savoir :


La datation du crime, les conditions météorologiques du jour du crime, le profil psychologique du meurtrier et la nature du crime sont des éléments qui vont sensiblement influencer sur le secteur de recherche et sur la méthodologie d'engagement du chien CIC.

Pour ces différentes raisons, le maître-chien d'investigations criminelles est impliqué dans l'enquête criminelle.



La recherche de cadavres immergés est sûrement la spécificité la plus technique et la plus ardue de cette discipline. Elle demande une symbiose parfaite entre l'homme et l'animal. A la différence d'une recherche ordinaire, le chien ne peut pas se déplacer de façon autonome pour remonter le flux d'une odeur. C'est donc à son maître de connaître parfaitement son compagnon et de l'amener à l'endroit où il aimerait aller.

Vidéo d'une recherche réelle d'un cadavre immergé en Alsace (août 2008) :



En Suisse, seule la gendarmerie vaudoise dispose de chiens formés à la recherche de cadavres sur l'eau.

Mais la recherche de cadavres n'est pas qu'une affaire criminelle. Derrière chaque disparition, il y a une profonde détresse humaine de ceux qui restent et qui se posent des questions.

"Mais disparu n'est pas mort, et, sans corps, sans sépulture, comment admettre que celui qui est leur raison de vivre a réellement été tué ? Comment ne pas se persuader qu'il s'est simplement perdu en route, caché quelque part, qu'il traîne un peu peut-être, mais qu'il va sûrement revenir... Comment ne pas l'attendre, au risque d'y passer sa vie ?" - Citation d'Isabelle CONDOUX, août 2004.

L'une des grandes motivations des maîtres-chiens CIC qui se s'investissent dans cette spécialisation est de permettre à ces parents, frères, soeurs, enfants ou proches de pouvoir faire le deuil d'un disparu en se receuillant sur son cadavre.


Voici un autre domaine dans lequel les chiens d'investigations criminelles sont des auxiliaires indispensables aux techniciens de la police scientifique.

Les chiens sont capables de détecter des traces de sang humain, même si elles ont été nettoyées ou masquées.

Sur les scènes de crime, l'intervention des chiens CIC se fait en parallèle de celle des techniciens. Le chien possède un atout de taille: son flair. Pour faire appaître du sang humain, les experts utilisent du produit chimique révélateur. Plus la scène de crime est vaste, plus la tâche est ardue. Les enquêteurs sont souvent contraints de faire des suppositions ou des déductions des endroits où du sang pourrait se trouver. Le chien, par contre, localise l'emplacement du sang en le détectant olfactivement. Dans bien des situations, le chien nous a révélé des traces là où on ne les auraient pas recherchées.

Aujourd'hui, le travail du chien dans ce domaine est reconnu et apprécié. Je me souviendrai toujours d'une intervention sur une scène de meurtre où le chien s'était immobilisé devant un mur où aucune tache de sang n'était visible, ni n'avait apparue après la vaporisation aux produits chimiques. C'est en déplaçant un tableau que nous nous étions aperçus que le cadre avait fixé à cet endroit pour masquer une importante tache de sang contre le mur... Sans nul doute que sans l'intervention du chien, nous serions passés à côté de cet élément décisif.

Extrait d'un rapport de la police scientifique sur un homicide :







Cette formation est également très complexe, tout comme la recherche de cadavres. Une seule petite tache de sang pouvant être déterminante pour confondre un assassin. Et cette petite tache de sang peut se trouver n'importe où sur la scène de crime. Contre un mur, sur le sol, sur une chaise ou encore sur un téléphone. Le chien doit donc apprendre à examiner scrupuleusement les lieux.

Les chiens d'investigations criminelles de la Gendarmerie vaudoise sont conditionnés à la recherche de cadavres et de sang humain via la méthode SOKKS. Se référer à la page ad hoc dans le menu FORMATION. Grâce à cette technique très élaborée et très précise, ils sont à même de différencier les cadavres humains des cadavres d'animaux.



DISPARITION INQUIETANTE - ALESSIA & LIVIA SCHEPP (6 ANS)
DOUBLE HOMICIDE
DISPARITION INQUIETANTE - MARIE-JOSE LEGERET (56 ANS)



Pour des raisons de confidentialité, la majorité des affaires ne peuvent pas être communiquées au public. Voici quelques cas qui ont été médiatisés :

DISPARITION INQUIETANTE
NOYADE - LAC DE KRUTH / FRANCE - 26.08.2010
DISPARITION INQUIETANTE
NOYADE - GRAFENORT / NW - NILS (6 MOIS) ET JESSICA (12 ANS)
ACCIDENT DE PLONGEE - LAC DE JONC / FR - 11.08.2005
HOMICIDE GIOVANNI MARZANO - GENEVE - 12 MAI 2005